BURKINA FASO / MALI / SENEGAL

Cette semaine, notre carnet de voyage est un peu atypique.

C'est le numéro spécial fêtes, sauf qu'en guise de cadeaux prématurés et bien involontaires, on a offert aux voleurs du train Bamako-Dakar notre matériel audio et vidéo. On a sauvé l'ordinateur sur lequel je tape cet édito et surtout on est en bonne santé. L'essentiel est donc que le voyage continu, le matériel était en partie assuré.Ce n'est donc qu'une gène momentanée que vous devriez subir. La preuve, c'est que vous pouvez toujours nous lire (même si les photos et les sons sont des archives, puisés dans notre grand stock).

Cela nous a permis de dresser un premier bilan de notre périple africain.

En plus, y a eu 2 ou 3 galères, du genre de celles qui font que les Abraham's brothers rentrent momentanément en France.

On les embrasse particulièrement fort et on leur offre cette belle phrase de Montesquieu, puisé sur le T-shirt de Corto Maltese :

 

"Ce sont toujours les aventuriers qui font de grandes choses"

 

En vous souhaitant bonne lecture !

 

La 1/2 équipe Odyssée + Valentine

 


La musique : fer de lance de la lutte du peuple africain


Notre aventure en Afrique nous a conduit à la rencontre d'artistes de toute la partie ouest du Mali, du Burkina-Faso, du Sénégal et de Côte-d'Ivoire….,


Interview exclusive de Tiken Jah FAKOLY

 

Un sourire radieux et des cheveux " locksés " à en faire pâlir les rastas jamaïcains, tels sont les principaux traits physiques de cet ivoirien de 33 ans du nom de Tiken Jah Fakoly.

 


ET SI L'AFRIQUE AVAIT INTERNET ?


La France on le sait bien est à la traîne en matière d'Internet, au vu d'autres pays anglo-saxons. Mais que dire alors de la région où nous sommes en Afrique de l'Ouest !


 


La musique : fer de lance de la lutte du peuple africain


Notre aventure en Afrique nous a conduit à la rencontre d'artistes de toute la partie ouest du Mali, du Burkina-Faso, du Sénégal et de Côte-d'Ivoire…., et l'une des choses qui nous a frappé c'est l'implication de ses artistes dans les grandes causes de leur peuple. En effet, là où notre musique n'est souvent que divertissement, la musique africaine est le porte-parole de toute une génération qui a su forcer la liberté d'expression.

Ainsi, plutôt que de mener des actions aux conclusions souvent sanglantes, la révolte est véhiculée par ses musiques et la population se lie pacifiquement à ces combats. Dans tous les concerts auxquels nous avons assisté, le public chante d'une seule voix sa douleur au travers de paroles qu'il connaît par cœur, et sans la moindre manifestation de rancœur ou de violence. Tous les fléaux qui asphyxient l'Afrique, comme le sida, la corruption, l'inefficacité et les dysfonctionnements de la justice, la place restreinte des femmes dans la société ou l'excision trouvent un large écho dans les textes de nombreux artistes.

Le musicien africain d'aujourd'hui dénonce pour le peuple, et ses chansons résonnent comme de véritables pamphlets aux oreilles du pouvoir. Par exemple des artistes comme les reggae men Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly (voir interview ci-dessous) ou les rappeurs maliens les Tata Pounds n'hésitent pas à critiquer leurs politiciens, l'asservissement de leur pays au bénéfice de l'Occident, à parler des pressions et des menaces qu'ils subissent et des risques qu'ils prennent en chantant leurs chansons. Mais tous gardent espoir, parlent même d'une amélioration et nous expliquent que de telles paroles les auraient conduits tout droit en prison il y a quelques années encore.

 

Thibault

 


Interview exclusive de Tiken Jah FAKOLY


Un sourire radieux et des cheveux " locksés " à en faire pâlir les rastas jamaïcains, tels sont les principaux traits physiques de cet ivoirien de 33 ans du nom de Tiken Jah Fakoly.

Ce chanteur de reggae est devenu, en une dizaine d'années, le porte-parole incontesté du continent africain, la voix des sans-voix.

Il sort prochainement son nouvel album " France Afrique " enregistré entre la Jamaïque, Abidjan et Paris, où sa fille de 15 ans réside.

Lui ne peut se passer d'Afrique et y passe minimum quelques mois par an, nous confiant :

" Je ne peux pas dans le froid parler du soleil "

 

Nous l'avons rencontré 2 fois à l'occasion des festivals de Koulikoro au Mali et de Koudougou au Burkina Faso.

Cédric ROBION : " Tiken bonjour, peux-tu nous expliquer d'où vient ton engagement politique ?" Tiken Jah FAKOLY : " Le reggae est né en Jamaïque pour exprimer la souffrance d'un peuple esclave et ainsi éveiller sa conscience. Les racines de cette musique sont l'Afrique et, à ma façon, en dénonçant les maux qui rongent mon continent, je suis dans la droite ligne du reggae ".

CR : " Quels sont les problèmes que tu dénonces ? "

TJF : " Ils sont nombreux, mais dans mon pays, c'est la politique qui est vraiment dramatique. Depuis la mort du président Houphouët en 95, la Côte-d'Ivoire est déchirée, et tous les soi-disant héritiers du pouvoir se battent pour leurs intérêts personnels. "

CR : " Tu critiques ouvertement le pouvoir en place, as-tu déjà connu censures ou menaces ?" TJF : " J'ai connu de la censure à la télé ou à la radio, mais les artistes qui y passent sont moins connus que moi et vendent moins de disques : le peuple a intégré le " phénomène Tiken Jah Fakoly " Il y a dès lors une obligation de liberté d'expression : on est arrivé à un point où le pouvoir ne peut plus interdire les artistes populaires car cela leur créerait trop de contre-publicité "

CR : " Et pour ta vie ? "

TJF : " Le journaliste Zongo du Burkina Faso voisin est mort pour avoir touché de trop près les affaires d'Etat, le peuple en a pris conscience et s'est violemment insurgé. Il se passera se qui se passera mais je crois que les hommes politiques ne peuvent plus faire n'importe quoi "

CR : " Tu as donc une vision optimiste pour l'Afrique ?"

TJF " Je suis optimiste mais ça va prendre du temps, quand je vois le parcours de l'Afrique depuis 40 ans, je me dis qu'il y a du mieux, surtout au niveau de la liberté. En continuant leur combat, les artistes, les journalistes et le peuple vont infléchir la corruption des hommes politiques. D'ailleurs je passe un appel aux jeunes français désireux de se lancer dans la politique pour qu'ils respectent notre continent : toutes les vies ont la même valeur ".

On se quitte avec le texte chanté par Tiken à ses débuts, à l'heure où il prenait un maximum de risques en dénonçant ouvertement le système politique de son pays :

 

" Allez dire aux hommes politiques, qu'ils enlèvent nos noms de leur business,

On a tout compris,

ils nous utilisent comme des chameaux dans des conditions qu'on déplore,

ils nous mènent souvent en bateau vers des destinations qu'on ignore,

Ils allument le feu et l'activent, et après ils viennent pour jouer au pompier,

On a tout compris " .

 

Cédric

 


ET SI L'AFRIQUE AVAIT INTERNET ?

La France on le sait bien est à la traîne en matière d'Internet, au vu d'autres pays anglo-saxons. Mais que dire alors de la région où nous sommes en Afrique de l'Ouest ! Si de réels efforts ont été fournis en équipements informatiques et que des web cafés poussent un peu partout dans les grandes villes du Mali, du Burkina Faso ou du Sénégal, les connexions restent très mauvaises.

Le vrai problème se situe plus au niveau de ses utilisateurs qui seront le moteur de l'Internet africain de demain. Or Internet demeure un luxe (environ 10 francs français par heure dans un café Internet), à la portée des plus riches et instruits. Car si cet outil révolutionnaire est implanté dans ces pays, une très grande partie de la population n'arrive pas à se représenter son utilité et son fonctionnement. Nous tâchons, toute l'équipe de l'odyssée, le plus souvent d'expliquer tout l'intérêt de ce nouveau média, mais que faire si l'argent manque ? D'où le rôle des pays dits " développés " dans la mise en place de nouveaux réseaux et de formateurs pour qu'Internet deviennent surtout chez les plus jeunes une ouverture sur le monde.

L'information manque dans les domaines de l'économie, de la politique, de la santé et de la culture, et l'opacité des gouvernements en place dans ces pays en prendrait un coup. Que penser des jeunes qui croient que le sida est une maladie imaginaire, inventée pour éviter les rapports sexuels ?

Que dire de leurs visions de l'Occident, sorte de Pays d'Oz où tout ce que l'on touche se transforme en or ?

Si l'Afrique avait Internet, l'information que de nombreux dirigeants tentent d'étouffer serait mise au jour. Si l'Afrique avait Internet, ses jeunes, majoritaires sur le continent, auraient (qui sait ?) une nouvelle conception de leur monde et du nôtre.

 



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Joyeux noël et bonne année


de la part de l'odyssée

 


Julien et Cédric dans le train

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Percussions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Tiken Jah Fakoly


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


Enfants à l'école

 

 

 

 

 

 

Thibault, remember...

 

 

 

 

 

 


... ce voyage de malade !!!!

 

 
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