Thailande / Cambodge
Cette semaine toute l'équipe de l'Odyssée est fier de vous annoncer que son site Internet a été élu par le Conseil Général meilleur site associatif du Val d'Oise. Bon à part l'auto-congratulation, les articles de cette semaine traitent de sujets sensibles au Cambodge, mais aussi bien sûr de musiques et de danses. Tout d'abord Thibault nous expliquera pourquoi après 9 mois de voyage la France lui manque tant, puis Nicolas vous dira son point de vue sur la population cambodgienne après le tragique épisode Pol Pot. Nous ferons ensuite un petit tour dans l'univers de la danse traditionnelle, et enfin Julien vous parlera du Sida qui fait des ravages dans cette région. Encore une fois merci d'être présent et bonne lecture.
Assis sur nos transats, face à la mer, sur la plage de Sihanoukville, nous sommes interpellés par la voix qui s'échappe du téléviseur placé juste derrière nous. LE CAMBODGE ENTRE DEUX REALITES (suite en cliquant sur le titre de l'article)
Nous sommes arrivés depuis 2 jours en Thaïlande, à Bangkok je ne suis pas à mon aise. Il y fait tellement humide, je transpire et boit sans cesse comme la terre sèche absorbe l'eau de pluie. Les rues sont crasseuses, beaucoup trop de trafic à toute heure de la journée et des touristes encore et toujours. SIAN REAP ET LES DANSEUSES D'ASPARA (suite en cliquant sur le titre de l'article)
STOP AUX PERVERS (suite en cliquant sur le titre de l'article)
Un 14 juillet bien loin de la nation
Ah oui c'est vrai, complètement encrés dans notre aventure nous en avions oublié la date, et voilà que Paris défile devant nos yeux. Vu d'ici quelle ville magnifique et enivrante, quel charme elle dégage. Pour les étrangers la France représente la volupté et le luxe, et assis devant mon poste de télévision, je les comprends. Paris ressemble à aucun autre endroit sur terre et il finit par vous manquer. Et puis cédant à la nostalgie, je repense à ces merveilleuses soirées d'été dans notre belle France, entouré de la famille et des amis, à nos après-midi sportives avec la bande de St Gratien et aux douces nuits blotti contre elle. Je pense à tous ces petits moments de vie qui se répètent et nous semblent anodins quand nous les vivons mais qui sont de véritables mines d'or et de joie quand on les imagine depuis l'autre bout de la planète. Et l'envie de rentrer commence à naître en moi, retrouver mon Hélène pour qui sans nul doute mon amour n'a fait que croître durant cette année, voir grossir le ventre de ma soeur Elodie et participer au miracle de la vie, serrer maman dans mes bras et lui rappeler que je l'aime, tout en contemplant le père qui me considère maintenant comme un homme. Et puis on en vient à des choses plus terre à terre, comme notre confort. Mon lit, oh oui mon lit, et ma chambre comme je la regrette à cet instant. Pouvoir me poser, vider mon sac pendant quelques jours. C'est aussi la nourriture, du fromage, du saucisson, les gros barbecues, et un bon film affalé dans son canapé qui me manquent. Toutes ces choses qui ne sont qu'habitudes et routine là-bas ressemblent à un paradis vu d'ici. Pour conclure je crois que c'est ce que m'aura le plus apporté ce voyage. Il m'aura permis de reprendre des repères, de relativiser et d'apprécier des choses qui ne l'étaient plus. Vous me direz sûrement qu'un mois après mon retour la routine aura repris le pas, mais je ne le pense pas. Au contraire aujourd'hui j'ai conscience que je suis et que nous sommes, en général, des privilégiés et qu'il est nécessaire de croquer la vie à pleines dents par respect pour ces gens qui n'ont pas eu notre chance et qui sourient malgré leur condition souvent intolérable.
Thibault LE CAMBODGE ENTRE DEUX REALITES
Nicolas
SIAM REAP ET LES DANSEUSES
D'ASPARA
A peine arrivés au Cambodge nous constatons le piteux état des routes jusqu'à Siam Reap la ville où il faut s'arrêter pour visiter le temple d'Angkor, l'œuvre architecturale des Khmers. Ainsi des temples d'une finesse inouïe, constamment restaurés, s'étalent sur des dizaines de kms, entourant le temple principal d'Angkor Wat. Alors qu'il faut au minimum 3 jours pour faire le tour de tout ces temples, nous décidons de chercher un groupe de musiciens. C'est par le biais de l'office de tourisme que nous rencontrerons cette troupe de danseurs accompagnées par un orchestre de musique traditionnelle qui tous les week-end fait des représentations au Grand Hôtel d'Angkor, au grand bonheur des touristes. Même si il manquait un certain coté authentique en raison de l'emplacement de ce spectacle on apprendra que l'Apsara (danse traditionnelle cambodgienne) ne s'apprend pas comme cela et qu'il faut des années d'entraînement avant d'acquérir la technique parfaite. C'est une vieille dame, ancienne danseuse d'Apsara, qui encadre ce groupe de jeunes passionnés, elle les aide à l'heure de se maquiller, de s'habiller, mais surtout lors des répétitions en ce qui concerne la tenue des bras, des mains et des jambes. Tous ces positionnements existent depuis des siècles et il est formellement interdit de faire n'importe quoi. C'est un art visuellement d'une rare beauté (cf galerie photos) reflétant toute la rigueur et la finesse du Cambodge. Les gestes effectués par ces danseurs sont d'une lenteur époustouflante, accompagnés par une musique enivrante ne faisant qu'accroître la sensualité de ces mouvements.
Nicolas
STOP AUX PERVERS
Plus qu'un manque d'informations et de préservatifs, l'épidémie est aggravée par le tourisme sexuel, un problème bien spécifique à l'Asie du Sud-Est. Non pas que cela n'existe pas ailleurs dans le reste du monde, mais ici c'est tout simplement un scandale. Mon propos n'est pas de dénoncer ou de revenir sur le débat de la prostitution, " le plus vieux métier du monde ", simplement ici on vend les enfants pour 600 dollars qui se retrouvent dans la rue ou dans des bordels à des âges que je ne souhaite même pas écrire. Tout ce trafic d'enfants et cette prostitution de masse à largement favorisé l'expansion rapide du Sida au Cambodge. Selon des organismes humanitaires, la capitale Phnom Penh serait devenue la première place asiatique du sexe, supplantant Bangkok qui depuis peu a rendu sa législation plus stricte en ce qui concerne la prostitution des mineurs. Même si le gouvernement ferme lamentablement les yeux sur ce problème, ce n'est pas le cas de tout le monde au Cambodge. Ainsi, lors de notre passage à Phnom Penh nous avons fait la connaissance de la troupe de théâtre Savana qui a un spectacle de marionnettes en ombres chinoises dans la capitale. Quand celle-ci n'est pas en représentation le vendredi soir pour le bonheur des quelques touristes et de la population locale, elle fait des tournées à travers le Cambodge pour instruire la population sur cette maladie et la prostitution grâce aux marionnettes. C'est l'un des seuls moyens de faire passer l'information auprès des populations analphabètes. Même si ce genre d'initiative est extraordinaire et donne bonne conscience, la solution se trouve bien sûr dans les mains des gouvernements locaux et de la communauté internationale. Il faut punir ces touristes venus de l'Occident et autres pervers locaux pour que ces enfants cessent d'être considérés comme une vulgaire marchandise et puissent simplement retourner à l'école.
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