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Thailande / Cambodge

Cette semaine toute l'équipe de l'Odyssée est fier de vous annoncer que son site Internet a été élu par le Conseil Général meilleur site associatif du Val d'Oise. Bon à part l'auto-congratulation, les articles de cette semaine traitent de sujets sensibles au Cambodge, mais aussi bien sûr de musiques et de danses. Tout d'abord Thibault nous expliquera pourquoi après 9 mois de voyage la France lui manque tant, puis Nicolas vous dira son point de vue sur la population cambodgienne après le tragique épisode Pol Pot. Nous ferons ensuite un petit tour dans l'univers de la danse traditionnelle, et enfin Julien vous parlera du Sida qui fait des ravages dans cette région.

Encore une fois merci d'être présent et bonne lecture.


UN 14 JUILLET BIEN LOIN DE LA NATION
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Assis sur nos transats, face à la mer, sur la plage de Sihanoukville, nous sommes interpellés par la voix qui s'échappe du téléviseur placé juste derrière nous.


LE CAMBODGE ENTRE DEUX REALITES (suite en cliquant sur le titre de l'article)


Nous sommes arrivés depuis 2 jours en Thaïlande, à Bangkok je ne suis pas à mon aise. Il y fait tellement humide, je transpire et boit sans cesse comme la terre sèche absorbe l'eau de pluie. Les rues sont crasseuses, beaucoup trop de trafic à toute heure de la journée et des touristes encore et toujours.


SIAN REAP ET LES DANSEUSES D'ASPARA (suite en cliquant sur le titre de l'article)


A peine arrivés au Cambodge nous constatons le piteux état des routes jusqu'à Siam Reap la ville où il faut s'arrêter pour visiter le temple d'Angkor, l'œuvre architecturale des Khmers.


STOP AUX PERVERS (suite en cliquant sur le titre de l'article)


Après le cauchemar Pol Pot qui s'est terminé en 1979, la folie des mines anti-personnelles disséminées dans une grande partie du pays, le Cambodge doit faire face à un nouveau fléau : le Sida.

 



 


Un 14 juillet bien loin de la nation


Assis sur nos transats, face à la mer, sur la plage de Sihanoukville, nous sommes interpellés par la voix qui s'échappe du téléviseur placé juste derrière nous. C'est une voix familière qui prend l'antenne pour annoncer le départ du défilé du 14 juillet.

Ah oui c'est vrai, complètement encrés dans notre aventure nous en avions oublié la date, et voilà que Paris défile devant nos yeux. Vu d'ici quelle ville magnifique et enivrante, quel charme elle dégage. Pour les étrangers la France représente la volupté et le luxe, et assis devant mon poste de télévision, je les comprends. Paris ressemble à aucun autre endroit sur terre et il finit par vous manquer. Et puis cédant à la nostalgie, je repense à ces merveilleuses soirées d'été dans notre belle France, entouré de la famille et des amis, à nos après-midi sportives avec la bande de St Gratien et aux douces nuits blotti contre elle. Je pense à tous ces petits moments de vie qui se répètent et nous semblent anodins quand nous les vivons mais qui sont de véritables mines d'or et de joie quand on les imagine depuis l'autre bout de la planète. Et l'envie de rentrer commence à naître en moi, retrouver mon Hélène pour qui sans nul doute mon amour n'a fait que croître durant cette année, voir grossir le ventre de ma soeur Elodie et participer au miracle de la vie, serrer maman dans mes bras et lui rappeler que je l'aime, tout en contemplant le père qui me considère maintenant comme un homme. Et puis on en vient à des choses plus terre à terre, comme notre confort. Mon lit, oh oui mon lit, et ma chambre comme je la regrette à cet instant. Pouvoir me poser, vider mon sac pendant quelques jours. C'est aussi la nourriture, du fromage, du saucisson, les gros barbecues, et un bon film affalé dans son canapé qui me manquent. Toutes ces choses qui ne sont qu'habitudes et routine là-bas ressemblent à un paradis vu d'ici. Pour conclure je crois que c'est ce que m'aura le plus apporté ce voyage. Il m'aura permis de reprendre des repères, de relativiser et d'apprécier des choses qui ne l'étaient plus. Vous me direz sûrement qu'un mois après mon retour la routine aura repris le pas, mais je ne le pense pas. Au contraire aujourd'hui j'ai conscience que je suis et que nous sommes, en général, des privilégiés et qu'il est nécessaire de croquer la vie à pleines dents par respect pour ces gens qui n'ont pas eu notre chance et qui sourient malgré leur condition souvent intolérable.

 

Thibault


LE CAMBODGE ENTRE DEUX REALITES


Nous sommes arrivés depuis 2 jours en Thaïlande, à Bangkok je ne suis pas à mon aise. Il y fait tellement humide, je transpire et boit sans cesse comme la terre sèche absorbe l'eau de pluie. Les rues sont crasseuses, beaucoup trop de trafic à toute heure de la journée et des touristes encore et toujours. Heureusement nous nous échappons pour le Cambodge, le pays des Khmers et dès la frontière passée, tout change, s'inverse, l'Asie se révèle enfin à nous. Plus de routes goudronnées, des maisons poussent sur pilotis le long des chemins et les gens sont d'une gentillesse extraordinaire. Je me ballade dans Siam Reap la ville aux portes des temples d'Angkor et les personnes me sourient, m'invitent à boire de l'alcool de riz, même les tout-petits didous souvent effrayés à la vue du blanc s'approchent et me lancent des signes de bienvenues. Je n'ai plus ressenti cela depuis l'Afrique, le bonheur s'empare de moi. Mais très vite une sensation de gêne m'envahie. Ah l'insouciance mais comment aurais-je pu imaginer en voyant cette population rayonnante. Un premier indice : je n'aperçois pas beaucoup de personnes âgées, d'adultes, partout des enfants, ça grouille de vie et de spontanéité à chaque coin de rue, cela cache quelque chose. Mais d'où vient ce déséquilibre dans la pyramide des âges? Le génocide? Il ne faut pas exagérer. Pourtant oui, il y a de cela 20 ans le peuple cambodgien s'est livré à une effroyable guerre civile où environ un tiers de la population a été méthodiquement exterminé, à l'abri du regard mondial. Pol Pot, alias Brother Number One, est à l'origine de ce massacre froidement organisé pour une cause encore difficilement explicable, la tragédie de tout un peuple. Ce n'est qu'à Phnom Phem, quelques jours plus tard, que je réalise l'ampleur du drame. Nous nous rendons au musée Tuol Sleng au cœur de la capitale cambodgienne qui n'est autre que l'ancien camp de détention des prisonniers " hostiles " au régime des Khmers rouges. C'est une ancienne école transformée en lieu de torture, ce n'est pas la première fois décidément que cela arrive. Qu'est ce qui faisait de vous un opposant au régime ? Votre culture, parler une langue étrangère, être professeur, artiste ou médecin, travailler à la ville. Car Pol Pot considérait les citadins avec mépris et les envoya dans les campagnes pour leur apprendre la " vraie vie ". Exploités jusqu'à l'épuisement ils finirent dans leur majorité dans des fosses communes ou des cours d'eau, à jamais disparus. Phnom Penh fut vidée pendant cette période ne devenant qu'une vaste ville fantôme aux mains des dirigeants Khmers qui eux avaient le droit, contrairement à leur pseudo doctrine, à la culture et aux divertissements. Les petits et les grands ne devaient plus aimer, s'amuser, jouir de la vie. Je repense, plein de frissons, à l'histoire de cette petite fille arrêtée, jugée puis exécutée pour avoir fredonné une chanson d'amour, elle n'avait que 6 ans. Durant ces années de terreur, la population peu à peu sera prise de paranoïa dans une ambiance de délations entre familiers, amis et voisins où la seule solution pour éviter les rafles perpétrées au cœur de la nuit était d'être un bon partisan. Mon regard change dans la rue, je comprends un peu plus l'atmosphère qui règne ici. Tous ces gamins qui jouent et rigolent dans les rues ne savent pas vraiment tandis que leurs aînés, les rescapés, eux sont au courant, je le lis dans leurs yeux. Une guerre civile ça ne s'oublie pas, ça ne s'explique pas. On en parle pas, c'est tabou comme dans ma famille en Espagne. Mes grands parents ne m'ont jamais raconté, trop d'atrocités entre frères et sœurs, amis, voisins ont été commises pour avoir eu la force de témoigner après 36. Il ne faut pas réveiller les vieux démons. Aujourd'hui si le Cambodge a vécu l'une des plus grosses tragédies de ce siècle, il semble pourtant qu'elle en sorte la tête haute, et les yeux rivés vers l'avenir. Je ne veux pas partir d'ici, je m'y sens en paix et en harmonie avec ces gens. Je n'ai pas pitié d'eux au contraire, je les admire pour cette force et cette joie de vivre qu'ils dégagent après avoir touché du doigt l'horreur absolue.

 

Nicolas

 


SIAM REAP ET LES DANSEUSES D'ASPARA

 

A peine arrivés au Cambodge nous constatons le piteux état des routes jusqu'à Siam Reap la ville où il faut s'arrêter pour visiter le temple d'Angkor, l'œuvre architecturale des Khmers. Ainsi des temples d'une finesse inouïe, constamment restaurés, s'étalent sur des dizaines de kms, entourant le temple principal d'Angkor Wat. Alors qu'il faut au minimum 3 jours pour faire le tour de tout ces temples, nous décidons de chercher un groupe de musiciens. C'est par le biais de l'office de tourisme que nous rencontrerons cette troupe de danseurs accompagnées par un orchestre de musique traditionnelle qui tous les week-end fait des représentations au Grand Hôtel d'Angkor, au grand bonheur des touristes. Même si il manquait un certain coté authentique en raison de l'emplacement de ce spectacle on apprendra que l'Apsara (danse traditionnelle cambodgienne) ne s'apprend pas comme cela et qu'il faut des années d'entraînement avant d'acquérir la technique parfaite. C'est une vieille dame, ancienne danseuse d'Apsara, qui encadre ce groupe de jeunes passionnés, elle les aide à l'heure de se maquiller, de s'habiller, mais surtout lors des répétitions en ce qui concerne la tenue des bras, des mains et des jambes. Tous ces positionnements existent depuis des siècles et il est formellement interdit de faire n'importe quoi. C'est un art visuellement d'une rare beauté (cf galerie photos) reflétant toute la rigueur et la finesse du Cambodge. Les gestes effectués par ces danseurs sont d'une lenteur époustouflante, accompagnés par une musique enivrante ne faisant qu'accroître la sensualité de ces mouvements.

 

Nicolas

 


STOP AUX PERVERS


Après le cauchemar Pol Pot qui s'est terminé en 1979, la folie des mines anti-personnelles disséminées dans une grande partie du pays, le Cambodge doit faire face à un nouveau fléau : le Sida. On estime le nombre de personnes séropositives ou atteinte du Sida à 220 000 avec 13 000 nouveaux cas par an.

Plus qu'un manque d'informations et de préservatifs, l'épidémie est aggravée par le tourisme sexuel, un problème bien spécifique à l'Asie du Sud-Est. Non pas que cela n'existe pas ailleurs dans le reste du monde, mais ici c'est tout simplement un scandale. Mon propos n'est pas de dénoncer ou de revenir sur le débat de la prostitution, " le plus vieux métier du monde ", simplement ici on vend les enfants pour 600 dollars qui se retrouvent dans la rue ou dans des bordels à des âges que je ne souhaite même pas écrire. Tout ce trafic d'enfants et cette prostitution de masse à largement favorisé l'expansion rapide du Sida au Cambodge. Selon des organismes humanitaires, la capitale Phnom Penh serait devenue la première place asiatique du sexe, supplantant Bangkok qui depuis peu a rendu sa législation plus stricte en ce qui concerne la prostitution des mineurs. Même si le gouvernement ferme lamentablement les yeux sur ce problème, ce n'est pas le cas de tout le monde au Cambodge. Ainsi, lors de notre passage à Phnom Penh nous avons fait la connaissance de la troupe de théâtre Savana qui a un spectacle de marionnettes en ombres chinoises dans la capitale. Quand celle-ci n'est pas en représentation le vendredi soir pour le bonheur des quelques touristes et de la population locale, elle fait des tournées à travers le Cambodge pour instruire la population sur cette maladie et la prostitution grâce aux marionnettes. C'est l'un des seuls moyens de faire passer l'information auprès des populations analphabètes.

Même si ce genre d'initiative est extraordinaire et donne bonne conscience, la solution se trouve bien sûr dans les mains des gouvernements locaux et de la communauté internationale. Il faut punir ces touristes venus de l'Occident et autres pervers locaux pour que ces enfants cessent d'être considérés comme une vulgaire marchandise et puissent simplement retourner à l'école.

 

Julien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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